vendredi 12 juillet 2013

Notre épitaphe

Un jour quelqu'un écrira notre épitaphe commune. Bien que nous soyons de parfaits inconnus pour la plus grande part du monde et que notre amour soit plus secret que le glissement d'une molécule d'eau contre une autre au fond de l'océan.

Cette épitaphe ne sera pas écrite sur nos tombes, elles ne seront d'ailleurs pas plus jointes par elle. Elle se synthétisera comme l'écume sur les rochers pour disparaître et renaître ailleurs. Elle n'aura pas de fin et se transportera d'une planète vivante vers une autre.

L'artiste qui la produira est un être juste, qui, de passage, se sera arrêté un instant, tout près de l'un de nos lieux favoris, aura senti la présence d'un amour sincère et généreux, qui continue de couler comme une source vive.

La langue de cette épitaphe sera compréhensible par toutes les intelligences de l'univers, et peut-être même sera-t-elle créée pour l'occasion. Elle n'aura pas plus de mots qu'il n'en faut pour comprendre comment on allume ou éteint une chandelle.

Trois enfants, un jour, captureront son message en l'écrivant au hasard sur le sable. Et leur seront épargnés, pour la suite de leur vie, peines et tristesses communes à tous les esprits sensibles. Ils nous ressembleront sans le savoir et briseront dans l'espace de leur vie, autant de chaînes que chaque prisonnier qu'ils approcheront auront eu de larmes.