vendredi 2 août 2013

L'espace d'un baiser

Cette après-midi il n'y eut rien de plus beau que  ce passage où tu m'as rendu tes lèvres ; leur parfum, leur goût, subsistèrent jusqu'après ma douche du soir. La légère acidité de ta salive dont l'empreinte embaumait mes habits, reflétait la grâce de chacune des femmes que j'avais connues. Je m'endormirai sur cette note. Tu n'avais pas seulement posé ta chair sur ma chair, mais à travers ce geste encerclé ma solitude.

De ces quelques instants, je ne retirai pas le plaisir attendu, mais une chaîne de sensations qui fut la colonne vertébrale, la réécriture, la justification de mon existence sur cette terre ; nous n'étions pas seuls, nous étions seuls avec Celui qui est seul. Il regardait par nos yeux, et touchait aussi bien qu'il mesurait chaque caresse.

Il n'était pas autant ébloui qu'il put nous le communiquer. il était aussi joyeux que nos cœurs pouvaient le chanter et nos corps le danser. Il est passé, invisible et inévitable, tel l'inspirateur de noces accomplies dans l'herbe, selon son projet.